la fille qui répond à mes avances de la semaine connaît rappers delight autant qu’apollinaire. deux-mille neuf c’est définitif : les coïncidences disent l’avenir des relations autant que newport beach répond à mes questions existencielles du moment (j’assume bien). fragments d’un discours amoureux n’a pas le monopole du coeur ni sartre celui de l’existentialisme.
quand kirsten lepore revisite grandmaster flash. gonna hip gonna hop…
edit / prends ça dans ta gueule, prends toi un soldat lambda, prends toi un p.o.r.c.
dixit hamé époque regain de tension. et puis le monde en février. les inrocks cette semaine : l’interview de zone libre, entre fluokids et collectifs pseudo-hype type n.a.s.a. la démocratisation du discours subversif va-t-elle ouvrir la voie à quelque chose d’un peu plus consistant que les freestyles seth gueko?
il y a l’expodontlemondeparle : le grand monded’andywarhol au grand palais. il y a l’autre : warholtv. la maison rouge paris XII. vingt ans avant tout lemonde, andy crève l’écran. crève l’abcès. façonne lemythe. en self-media. en talk-shows. en mélodrames. en pubs. la machine à raconterdeshistoires, l’instrumentdedivertissement -appelez ça comme vousvoudrez – jusqu’autroismai la tv obsède, illumine et désoriente un dandy télégénique précurseur de la real tvquienregistre à peu près tout etn’importequoi en temps réel.
depuis la nuit des temps (milieu des années 80) il y a un usage carcéral de l’underground. parce qu’en dehors la musique apparaît comme quelque chose de trop clair, de trop évident, sans mystère et sans opacité, un amas d’agitation, de contrats pub et d’articles télérama. dans l’ordre que vous voulez. quelque chose d’insignifiant. tellement proche d’une intégrité qui s’échappe.
l’explosion myspace a fait croire à la naissance du branchstream genre ladyhawke & ebony bones : sous-culture branchée et succès mainstream dixit technikart. en même temps que voxpop cite mgmt : il se pourrait même qu’on nous fasse remplir des fiches signalétiques de ce que l’on aime pour déterminer le genre de musique qu’il nous faut. tout semble mis sur le même plan. des samples, des refrains, des instantanés. voilà ce à quoi vous vous raccrochez. de la musique prise sur le vif, mise bout à bout. on effleure plus qu’on n’écoute vraiment. l’upperground, une sensation d’inachèvement.
graffer ça se fait sur les murs, pas sur les toiles griffoné sur un livre d’or en juin. depuis rien. ou si, une interview à londres, une double page dans beaux-arts magazine et quelques expositions qui entretiennent l’illusion. surtout : des heures de débat, des coups de gueule, des larmes, du sang aussi, et quelques dents cassées : le street art est-il soluble dans les galeries?
5h38 premier métro. 80’s & baladeur & cassette & mixtape. caban col relevé genre je suis caché je suis tout sombre. la barbe de trois (-cent) jours, sommet d’une virilité prolétaire européenne post-interdit bancaire. très sec, sérieux, tranquille. (à l’exploration ça fond. la crise de colère est à l’intérieur. seul est au courant celui qui porte le caban). après la nuit chez elle, sur le quai ligne neuf les publicités pour des théâtres de banlieue concluent une vie sentimentale bordélique : à chaque fois on s’embrasse et puis y a rien de fait. ou l’inverse.
ça sent la panique. l’envie de tout arrêter. de quitter la ville pour catane ou un paysage post-apocalyptique style berlin en hiver. ne restent que les livres qui s’entassent. proust sur céline sur malraux sur dantzig. et paul valéry prêté par le responsable des opérations spéciales. l’autre qui croit aussi que la vérité se cache dans la littérature (et dans la suppression d’éric zemmour du service public).
vingt janvier rebirth of a nation a.k.a obamaday a.k.a la blague du siècle : à washington au bizz’art paris X discours retransmis sur écran géant. expo-photo. expo-vente. tshirts, robes et blousons sérigraphiés. concert. bar à tapas. bref brothers gonna work it out! deux millions d’américains dans les rues de la ville : power to the people. à part ça onze% d’américains ont la peau noire. et quarante% des condamnés à mort. how you sell soul to a soulless people who sold their soul. yes they can. apocalypse 91 avec vingt ans d’avance : cherchez l’instru, on disait les albums de public enemy old-old-old school, cherchez l’intrus.
la crise m’a volé ma cb : à quand les paris pas cher des soirées hip hop de la ville quand la cliqua prend trente-quatre euros et dix cents pour un concert à l’élysée montmartre. en attendant la thank you jay dee party à la bellevilloise le 31, reste le mix de dj house shoes offert ici, avec jay dee & slum village. et celui de dj nix’on à la soirée hip hop no joke ce soir. rangez les autotunes.
entre les garçons il y a cette pudeur, qu’on décrète avec un sentiment d’évidence. loin toujours de cette problématique des émotions. une relation comme sont peints certains tableaux – effets de miroir et perspectives fuyantes – dont une des scènes les plus marquantes se déroule au fond d’un couloir d’aéroport, lorsqu’un des trois garçons décide de s’en aller définitivement, et que les deux autres se réveillent en mode déchargement de chagrin trop lourd. effet brotherhood.